Industrie nautique en plein essor

Publié le par ANDRE Thierry

Un secteur en plein essor
La pratique de la plaisance connaît depuis dix ans un essor fantastique au gré des fluctuations économiques mondiales dont la croissance du secteur du tourisme constitue un élément déterminant. Historiquement artisans, les fabricants de bateaux de plaisance deviennent peu à peu des industriels souffrant, comme toute activité en mutation, des contraintes organisationnelles, économiques et sociales subies. Les firmes deviennent internationales, les clients sont loueurs, entreprises de charter et particuliers avides de sensations et de liberté…
Des tentatives d’intégration horizontale regroupent des chantiers de niches et des généralistes. L’offre est homogène, seules les technologies diffèrent, notamment dans le choix des matériaux de construction et profils de construction des coques. Les durées de propriété d’unités neuves sont courtes, favorisant un marché de l’occasion fleurissant jusqu’au début des années 2000. Depuis, le marché semble saturé entraînant une baisse des prix du marché de l’occasion. Ne considérant que la plaisance à la voile, réservée à des initiés, comment se traduit cette évolution ?



La structure et l'économie de marché
- Les volumes de production sont confidentiels et les opportunités d’économie d’échelle relativement faibles.
- La structure des marchés (atomistique) est constituée d’ une pléthore de fabricants, accessoiristes, voiliers et autres chantiers navals. Quelques grandes enseignes se partagent le marché des loueurs et des particuliers consommateurs de grosses unités, d’autres, positionnés sur des niches (souvent de haut de gamme) se réservent les clients particuliers ou entreprises désireuses d’acquérir une unité singulière sophistiquée ou technologiquement appauvrie pour les marins avertis.
- L’innovation souffre de cette dispersion des moyens au dépend de l’intérêt des utilisateurs moins fortunés.
- La dépendance entre constructeurs et équipementiers est forte, limitant les synergies possibles et l’innovation.
- Les ressources financières sont dispersées au dépend d’une véritable capacité d’investissement génératrice de croissance et de valeur ajoutée.
Les fabricants s’inscrivent depuis peu dans une démarche de certification qualité condition d’un développement économique durable.


La culture de produits
Aujourd’hui, les performances des unités de tailles moyennes (de 30 à 40 pieds) sont modestes. La fiabilité et la qualité des services connexes méritent elles aussi d’évoluer. L’introduction à moindres coûts, sur le marché de produits issus de firmes asiatiques présentant des modèles plagiés ou non pour lesquels n’existe aucune barrière technologique ou stratégique probante, mettra en difficulté les entrepreneurs artisans en place. Comment réagir aux prétentions commerciales des autres continents émergeants :

- Par des dispositions conservatoires (établissement de barrières à l’entrée).
     
- Par un dynamisme entrepreneurial nouveau favorisant l’innovation et la qualité.
     
Les industriels ne pourront pas seulement compter sur leur lobbying pour démontrer le dumping du gouvernement Chinois et faire établir des cotas ou taxes d’importation parce que trop peu de pays de la communauté Européenne  sont concernés par ce risque.

Vers de nouvelles stratégies
L’industrie nautique s’est dors et déjà engagée dans une dynamique entrepreneuriale nouvelle, agissant en réduction de coûts et entamant une démarche d’assurance-qualité (Norme NF plaisance), soutenant enfin l’innovation et le développement des fonctions de service.
Déjà, la firme Allemande «Bavaria » à entrepris une restructuration stratégique forte, associée à des partenariats technologiques nécessaires, qui rendront profitable à tous, la valeur ajoutée produite. Les clients verront diminuer le prix des unités courantes, le management de l’assurance qualité et l’analyse de la valeur entrent dans la culture stratégique des firmes qui se verront rémunérées par un engouement croissant pour des produits devenus véritablement fiables, fonctionnels et accessibles.



Des perspectives rassurantes 

La France détient des parts de marché importantes dans un secteur en plein essor dont elle maîtrise la technologie et la culture. Le challenge repose aujourd’hui sur sa capacité à innover et à générer de la valeur client pour tenir son rang face aux nouveaux entrants du secteur. Des partenariats et alliances se dessinent, augurant d’un dynamisme et d’une réactivité à venir propice au développement et à la croissance du marché.

 

 

 

 

 

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